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 relais enfance et famille

Association loi 1901

Mène des actions au service des enfants confrontés à la rupture familiale.

Informations complémentaires

Les personnes qui consultent notre service relèvent essentiellement de violences intrafamiliales, (violences conjugales, familles conflictuelles ou violentes ou encore abus sexuels intrafamilial).

Beaucoup de femmes victimes de violences conjugales attendent plusieurs années avant d'engager une rupture pour « préserver » un noyau familial pour les enfants; elles attendent leur départ du foyer pour prendre une décision de séparation et consultent à ce moment là.
Elles confient toujours ressentir un échec à ce niveau et qu'au contraire les enfants ont souvent « payé » un lourd tribu de ce climat de conflit et de violence. Les conséquences sont toujours nombreuses et difficiles à assumer, tant pour les enfants que pour elles-mêmes.
Les impacts de la violence conjugale et familiale sur les enfants peuvent être multiples, additionnels ou non ; ce sont des effets négatifs affectant le développement cognitif et psychoaffectif, la santé, mais aussi et surtout les conduites : dans un contexte familial violent, l'enfant « apprend » un mode de communication agressif ou violent et manifestera son mal être soit sur une propension à se conduire en victime, soit à devenir lui-même agresseur par un mécanisme d'identification à l'image paternelle, (dans les situations majoritaires où le père est l'auteur des violences).
Ainsi l'enfant ou l'adolescent risque de rencontrer des problèmes accrus de confiance et d'estime de soi, de développer des comportements à risques, dont les dépendances à des substances psychotropes, et de répéter les comportements violents observés et peut-être légitimés par le milieu familial.
De même, il est globalement démontré que plus l'exposition aux violences conjugales est précoce, plus les effets négatifs sur le développement de l'enfant seront importants.

C'est pourquoi, le travail effectué auprès des victimes (le plus souvent des femmes , des mères) est aussi de les amener à prendre conscience que leurs enfants ne doivent pas être témoins de la violence entre les parents , et de les orienter le plus vite possible vers une solution de visite médiatisée soit par un tiers familial, soit par le Point Rencontre.

D'où, la grande nécessité de travailler auprès de ces familles afin de prévenir le processus de répétition transgénérationnelle.

Ces femmes, après tant d'années de brimades, violences verbales et/ou physiques, voire d'isolement, ont beaucoup perdu de l'estime d'elles-mêmes ; elles sont dévalorisées et se font peu confiance sur leur capacité à reconstruire leur avenir tant elles ont étés contraintes, voire habituées à vivre et à se comporter dans la passivité, la victimisation, l'évitement, et la culpabilité.

Lorsqu'elles débutent un suivi psychologique, elles ont souvent beaucoup de mal à organiser leur pensée, à se repérer dans le temps ; leur mémoire est altérée ; elles racontent souvent des faits de manière répétitive : c'est l'effet du trauma. Elles ont besoin d'effectuer un travail important de restauration de leur psychisme, et pouvoir ainsi changer leurs rapports à l'Autre, devenir actrice de leur vie. De l'ancienne place d'objet « souffre-douleur » où elles étaient prisonnières, sous emprise morale, elles doivent retrouver une place de sujet, autonome, capable de penser, de prendre des décisions...

Enfin, certaines de ces femmes en venant consulter pour des faits actuels prennent conscience qu'elles ont subi des traumatismes du même ordre dans leur propre enfance ou adolescence, elles ont été victimes autrefois de maltraitance ou d'inceste). Elles viennent alors mettre en mots leur peur d'être femme, d'être mère, leur peur parfois de passer à l'acte envers un enfant, leur enfant ; elles prennent alors conscience qu'elles sont dans un processus inconscient d'identification à leur propre mère ou à un autre agresseur.

Le service accueille également quelques couples en thérapie de couple. Il s'agit là de couples conflictuels conscients de leurs difficultés, de la fragilité de leurs capacités à résoudre leurs conflits autrement que violemment, et qui sont prêts à travailler sur eux-mêmes dans l'espoir de rester ensemble et de préserver ainsi une cellule familiale unie et non violente pour les enfants.

Ce travail est très important du point de vue de la prévention envers les enfants car il fait découvrir aux familles une autre façon de communiquer et de dire ses désaccords que par le conflit, les cris, voire les coups ou les objets cassés.